Novembre

En relisant l’article du mois d’octobre, je réalise ne pas avoir exploré les grands espaces camarguais comme je l’avais prévu ce mois ci. J’écrivais avec un enthousiasme débordant mon envie de nature, de découvertes et d’aventures sur ces terres sauvages délaissées par les touristes, mais je n’en ai simplement pas eu l’occasion ces derniers jours. Nous avons passé une grande partie de notre temps libre en Provence, auprès de ma famille, pour profiter des derniers instants avec Théo, mon frère, qui partira le 10 décembre pour de nouvelles aventures professionnelles au bout du monde (pas vraiment, mais bien trop loin pour mon cœur de grande sœur!). Les six prochains mois défileront donc sans lui et toute la famille met un point d’honneur à se réunir avant le grand départ. Ça en devient d’ailleurs presque drôle, de le voir si pudique face à toutes ces démonstrations d’amour, qu’il rejette la plupart du temps par un « arrêtez votre cirque, on dirait que je vais mourir ! » C’est comme ça chez nous : les femmes débordent d’amour, les hommes ne sont pas très démonstratifs, chacun en joue un peu, enrobé de cet environnement tendre et affectueux. Le week-end prochain, ma grand-mère organise un repas « en son honneur » et puis ce sera l’heure du départ. Mon cœur se serre un peu à cette idée mais je suis convaincue que de belles aventures l’attendent là-bas.

Nous avons donc passé du temps en Provence, que j’ai eu l’impression de redécouvrir sous l’air frais et la lumière dorée de cette fin d’automne. Je me baladais avec surprise dans les Baux-de-Provence pratiquement vides et ai eu l’impression, l’espace d’un instant, d’avoir les Alpilles pour moi toute seule. Il y a des journées radieuses, en automne, où le soleil illumine les villages provençaux, qui retrouvent peu à peu leur calme. En pénétrant dans la jolie chapelle des Pénitents Blancs, j’observais les détails de la fresque, représentant les bergers de Provence face à la Nativité. Le peintre, Yves Brayer, m’étais jusque là inconnu. Je faisais quelques recherches sur lui en rentrant et découvrais un homme passionné, vibrant sous la nature des Alpilles, peignant avec frénésie les paysages le rendant heureux. Je me retrouvais un peu dans ces citations décrivant l’extase, la contemplation, l’émerveillement face à cette nature et imaginais sa vie d’artiste dans les massifs, entourés par des villages de bergers.

Je découvrais quelques jours plus tard les poèmes d’Alexandrine Bremond, une jeune Tarasconnaise membre du Félibrige, contemporaine de Frédéric Mistral qui la déclara d’ailleurs « la plus lyrique des poètes provençaux ». Ses poèmes célèbrent les fleurs, les jolies filles à la fenêtre, le printemps, les rires, la brise dans les arbres, ils sont comme une ode à la vie, à l’enchantement : « L’ombre frissonne à travers les branches; — je n’ai pas peur malgré la nuit. — Ô mon cœur, viens à mes lèvres ! — ô mon âme, viens à mes yeux ! — Venez! nul ne peut nous voir. — Personne ne vous regarde — que le bon Dieu qui certainement — fait les étoiles pour les jeunes filles, — les jeunes filles pour les beaux rêves — et les beaux rêves pour le bonheur. »

L’approche de Noël a également favorisé les retrouvailles provençales. Ma grand-mère et moi avons l’habitude d’arpenter les marchés à la recherche des meilleures Oreillettes, des plus beaux santons pour la crèche. La ville de Tarascon organisait justement un grand marché des santonniers, célébrant les traditions de la région autour des fêtes de fin d’année. Nous avons rencontré la Reine d’Arles (ah!), accompagnées par mes petites cousines, intimidées par la beauté et la prestance de la Reine et ses Demoiselles d’Honneur. En rentrant à la maison ce jour là, nous nous sommes promis de perpétuer ces traditions de Noël, de saisir chaque occasion de passer du temps ensemble. Dans quelques jours nous assisterons à un grand concert de Noël à Frigolet et je me réjouis de ces moments en famille.

Et puis, comme ces temps familiaux sont toujours synonymes de longs repas, j’ai eu l’occasion de préparer certains de mes plats préférés. Je « révise » chaque année mes recettes de Noël (les oreillettes, les mendiants au chocolat, les cardes, la pompe à huile…) pour être sûre des les sublimer le jour J. J’essayais pourtant pour la première fois une recette de liqueur à la verveine et le résultat et si concluant qu’il n’en restera probablement pas l’année prochaine. Parfaite pour clôturer les repas festifs de fin d’année, c’est une liqueur légère et fleurie offrant la même sensation rêveuse qu’une balade dans les Alpilles en novembre :

Liqueur à la verveine :

50 feuilles de verveine (séchées) + un bouquet de thym (optionnel) – 40 morceaux de sucre – 1 litre d’alcool de fruit (j’ai utilisé de l’alcool de poire).

Versez l’ensemble des ingrédients dans un contenant hermétique et conservez à température ambiante, à l’abri de la lumière, pendant 40 jours. Remuez le contenant tous les 2/3 jours afin de mélanger le sucre. Servir frais.

J’espère que vous aurez aussi l’occasion de passer du temps avec vos proches. Je publie dans quelques jours un « guide cadeaux spécial Noël Provençal » sélectionnant les dix marques locales que je préfère. J’espère qu’il vous plaira et vous donnera quelques idées ! Bonne soirée xx

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